Le barrage Inga III, qui devra être opérationnel en 2028, risque de ne pas bénéficier à la population congolaise. C’est-ce que fait savoir le Groupe d’Etudes sur le Congo (GEC) et Ressource Matters.

Dans leur rapport intitulé « Inga III : Un projet gardé dans l’ombre » publié le lundi 28 octobre, ces deux institutions soulèvent un certain nombre d’irrégularités observées dans l’exécution de ce projet.

« La façon dont le projet est actuellement mené soulève un certain nombre de préoccupations liées à la transparence, à la gestion, à l’inclusion et à l’information du public. En outre, une importante partie de la société civile exprime sa crainte face à un projet qui risque de ne pas répondre aux attentes de la population congolaise dont 80% n’ont pas accès à l’électricité », indique ce rapport de 36 pages.

Tout en soulignant le fait que les ténors politiques aient limité le recours à des experts internationaux, ce rapport insiste sur les conséquences de la décision ayant écarté le gouvernement de la gestion du projet, en le plaçant depuis 2015, sous le contrôle direct de la présidence.

« Le processus en souffre dans plusieurs aspects opérationnels clefs ; conditions de sélection du développeur peu claires, absence d’études d’impacts sociaux et environnementaux complémentaire faute de moyens financiers et à la suite du retrait des principaux bailleurs de fonds, mise en place d’une tutelle institutionnelle qui échappe au contrôle parlementaire, rejet par le Parlement et la société civile du projet ou encore faible position de la RDC lors des négociations avec les potentiels présélectionnés », ajoutent ces deux organisations.

GEC et Ressource Matters en appellent à l’implication du nouveau gouvernement pour permettre la bonne exécution de ce projet.

« Le nouveau président Félix Tshisekedi devrait rouvrir la gestion d’Inga III à la participation de la société civile et aux institutions régulières du pays. Il devrait recourir à des experts qualifiés et attendre les résultats des différentes études d’impact, y compris des contre-expertises directement commanditées par
le gouvernement, pour juger si le projet est approprié pour le pays et sa population », concluent GEC et Ressources Matters.

Situé sur le fleuve Congo, le site Inga dispose d’une capacité totale de 40 000 mégawatts dont moins d’un vingtième est exploité. Ce site comprend notamment les barrages Inga I et Inga II construits respectivement en 1972 et 1982.

Moïse Makangara

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