Le débat sur la vérité des urnes fait rage et secoue la nation congolaise depuis le 10 janvier 2019. Chacun y va dans son sens, y compris la Cour constitutionnelle l’arbitre censée être intransigeante et impartiale. Un sujet sur lequel se déchainent les passions. 

Depuis lors, le regain du fanatisme viscéral frise la violence et le séparatisme éhonté d’une certaine époque. Du coup, et non sans peine, les transcendantaux de l’intersubjectivité congolaise sont mis à rude épreuve. De plus en plus l’on se parle mais de moins en moins l’on se comprend. Les esprits élus à la raison commencent à déserter l’espace public envahi et devenu le territoire des propagandistes malveillants, apparemment sans aucune conscience de la morale, du bien et du bon. 

C’est dans ce contexte que le « GR3 Réflexion » de Monsieur Paul Vincent BOMOMBO et « Ngisulu et Cie » de Monsieur Alain Ngisulu, groupes de réflexion de la diaspora congolaise basés au pays de l’Oncle Sam, ont organisé une conférence débat le 07 juillet 2019 à Charlotte Quenn City, Caroline du Nord, aux USA, ayant pour intervenant principal le professeur Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir. 

En tant qu’orateur principal, l’ancien fonctionnaire du FMI est intervenu après la conférence introductive donnée par un autre professeur politologue, Joseph Makidi Kuntima, vivant à Atlanta et doyen de la communauté congolaise aux USA. 

Au cours de cette conférence, l’orateur principal a fait face et répondu aux questions pertinentes, embarrassantes, sans tabou, sur les principales préoccupations de nos compatriotes vivant aux USA. Le Professeur Feddy Matungulu était donc, à bâtons rompus, face à la communauté congolaise des USA, pour donner sa position face à la problématique de la vérité des urnes et de mutations politiques en RD Congo. 

– Deux courants protagonistes sur la scène politique 

De prime abord, le professeur Freddy Matungulu distingue méthodiquement deux courants de pensée protagonistes au sein de l’opinion publique, avant de réitérer sa position aux participants à la conférence de Charlotte face à la problématique de la vérité des urnes.

Le premier courant de pensée estime que le processus électoral de Naanga est déjà terminé il y a près de sept mois passés. Pour les tenants de ce courant, nous devons passer l’éponge sur ses méfaits bien connus et aller de l’avant pour lancer la reconstruction de notre  pays meurtri et martyrisé. 

Quant au second courant de pensée, il postule que le mensonge rend impossible la construction d’un solide avenir national radieux. Pour les défenseurs de ce courant,  il n’y a pas d’espoir de prospérité collective en RDC sans la vérité des urnes. 

Dès lors, dans quel courant de pensée se situe le professeur Freddy Matungulu ? S’interrogent les partisans des deux camps protagonistes qui s’affrontent et rivalisent d’ardeur pour liquider, si pas diaboliser, le camp opposé à leur vision. La réponse du professeur est sans ambages.

Position du professeur Freddy Matungulu face à la vérité des urnes.

Une position d’actualité continuelle et récurrente datant de janvier 2015. La position du professeur Freddy Matungulu n’est pas une position de circonstance. Le 02 janvier 2015, il avait publié une tribune dans le journal La Libre Belgique laquelle avait été reprise le 05 janvier 2015, notamment par le média en ligne 7sur7.cd et le journal le Potentiel. 

Cette réflexion met en exergue le paradoxe d’une RD Congo scandale géologique mais avec des populations scandaleusement les plus pauvres de la planète. Cela, depuis l’indépendance de la RD Congo. 

Une position de principe basée sur l’importance de la vérité des urnes. Le professeur Freddy Matungulu posait déjà la problématique de la vérité des urnes comme une impérieuse nécessité  et comme une des thérapies pour juguler la pauvreté. San vérité des urnes, il est extrêmement difficile d’avoir la légitimité des autorités au sommet des institutions. Le manque de considération des populations par les dirigeants illégitimes, le non-respect du choix du souverain primaire ont des conséquences fâcheuses sur la perception collective de la Res Publica. 

Pour le professeur Freddy Matungulu, la bonne gouvernance politique postule l’exigence des mandataires librement élus par les populations. «Pour mener une  politique efficace de lutte contre la pauvreté, la RD Congo doit impliquer davantage sa population dans le choix de ses dirigeants ». A en croire le leader de Congo Na Biso (CNB), « la marginalisation politique des populations, leur exclusion des processus de décision et de choix politiques qui affectent le destin du pays » résume les raisons de notre descente aux enfers. Grosso modo, les débâcles électorales ont des conséquences socio-économiques néfastes sur le vécu des populations.  Conséquemment, les revendications de Lamuka doivent avoir  de l’avenir. Lequel ?

– Avenir de Lamuka 

D’aucuns se demandent si l’on peut parler de Lamuka comme une grande coalition ou une grande plateforme politique.  Sur cette question,  le professeur Freddy Matungulu pense que que « Lamuka » ne peut pas être défini seulement en termes de son leadership, mais surtout en termes de revendications et de fortes attentes de changement qu’il incarne. Dès lors, il y a lieu d’insister sur « Lamuka – Etat d’esprit » qui se distingue de « Lamuka – plateforme politique ». 

« Lamuka – plateforme politique » est représenté par son présidium ou son leadership, lequel est composé de cinq leaders politiques, qui peuvent changer de position. Certes une plateforme comme Lamuka a besoin d’être guidée, dirigée par un leadership visionnaire, mais cela n’épuise pas son contenu ou son combat.

Quat à « Lamuka – Etat d’esprit », c’est la demande collective forte de toutes les populations congolaises frustrées, qui souhaitent que les choses aillent un peu mieux en RD Congo. Et, ce n’est pas trop demander à qui que ce soit. Une telle demande restera permanente, perpétuelle, tant qu’il n’y aura pas d’alternance ou de gouvernance de qualité guidée par les valeurs.  

Telles semblent être, en substance, les idées fortes développées par le professeur Freddy Matungulu à la conférence tenue à Charlotte Queen City aux USA. 

Au-delà des échanges pointus, les intervenants et les participants venus de partout aux USA et de l’Europe, ont savouré un moment des retrouvailles et de convivialité  nostalgiques pour la Mère Patrie meurtrie.

Par 

Rufin KITOKO, Senacom RS / CNB

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